À la une

Dynam-Reg : comment les données ONSS aident à fixer la politique du marché de l'emploi

Le mardi 26 novembre 2019, l'ONSS accueillait le colloque Dynam-Reg. Des experts du marché du travail y ont partagé leurs dernières visions concernant la dynamique du marché de l'emploi.

Des chiffres uniques

En 1945, alors qu'il n'en était qu'à ses balbutiements, l'ONSS collectait déjà des données relatives à la situation du marché du travail. Au cours des 75 dernières années, ces données n'ont cessé de s'affiner. Elles permettent depuis quelques années de rapprocher les caractéristiques des employeurs, des travailleurs et des établissements. Même en Europe, il s'agit d'une situation relativement unique qui permet de réaliser des analyses hautement qualitatives de la dynamique du marché de l'emploi.

Bénéfice net

Le projet Dynam analyse cette dynamique au niveau des employeurs, des travailleurs et des emplois. La constatation de base demeure que 46 000 emplois nets créés en 2018 sont le résultat de :

  • 217 000 emplois créés dans des entreprises en expansion ou qui démarraient leur activité et
  • 171 000 emplois supprimés dans des entreprises en contraction ou qui ont cessé d’employer du personnel.

Mais les mouvements sur le marché du travail sont encore bien plus nombreux. En 2018, sur l'ensemble des employeurs, il y a eu 727 000 travailleurs entrants, alors que sur la même période et sur l'ensemble de ces employeurs, il y a eu 681 000 travailleurs sortants. Ces évolutions nettes montrent beaucoup plus que ce à quoi on pourrait s'attendre à première vue.

Augmenter le taux d'emploi

En 2014, les régions étaient en grande partie compétentes pour le marché du travail. Les accords de gouvernement des nouveaux gouvernements régionaux inscrivent l'augmentation du taux d'emploi comme un des objectifs principaux.

Les régions doivent faire un choix : investir dans la création d'emplois au sein des entreprises (ou implantations) de la région propre (par exemple avec des réductions ONSS) ou soutenir des demandeurs d'emploi de leur propre région afin qu'ils soient engagés plus rapidement.

Afin de pouvoir mieux analyser la dynamique de l'emploi et des travailleurs au niveau régional, les régions ont intégré le projet Dynam qui a dès lors été élargi au Dynam-Reg. Au niveau des régions également, les évolutions nettes sont beaucoup plus limitées que les augmentations et diminutions d'emploi au niveau local. En outre, au niveau régional, il ne faut pas seulement tenir compte des travailleurs entrants ou sortants auprès d'employeurs de la même région. Il faut également prendre en compte les travailleurs qui restent dans leur entreprise tout en étant transférés dans une autre région.

Transitions difficiles

HIVA est allé encore plus loin. Dans le discours relatif au chômage, l'attention était dirigée sur le fait de fournir un travail aux demandeurs d’emploi. Mais la question qui en résulte est bien évidemment la durabilité de ces emplois. Sont-ils réellement un moyen de sortir du chômage ?

Dans leur étude Viona, effectuée à la demande de la région flamande, Hiva a examiné d'où viennent les travailleurs lorsqu'ils sont engagés et s'ils restent actifs après leur recrutement. Il s'avère que plus de la moitié des travailleurs embauchés (56 %) étaient auparavant occupés chez un autre employeur. Le nombre de demandeurs d'emplois recrutés est donc plutôt limité (14 %). Ils se retrouvent en effet en concurrence avec des personnes déjà employées qui ont de ce fait acquis plus d'expérience de travail.

En outre, les emplois occupés par des travailleurs après une période de chômage ou d'inactivité sont souvent de courte durée. C'est pourquoi on retrouve essentiellement des non-travailleurs qui débutent dans des secteurs tels que l'horeca ou le travail intérimaire avec un poste précaire. Et 3 ans après leur engagement, il arrive souvent qu'ils soient à nouveau demandeurs d'emploi ou qu'ils aient un travail moins bien payé.

Pour en savoir plus

Vous pouvez retrouver toutes les présentations de cette journée d'étude sur le site du Dynam